Triangle folklorien : the 1
Sommaire
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Introduction
Deuxième volet de la série consacrée au triangle amoureux de folklore : après le trio initial (August, Cardigan, Betty), ce billet propose d’inclure The 1 dans le récit, comme le point de vue d’Augustine, des années plus tard, de la même manière que Cardigan était le point de vue de Betty des années plus tard.
Presse
The 1, chanson d’ouverture de folklore, a souvent été lue comme un regard mélancolique sur une relation passée, sans que le triangle amoureux du reste de l’album y soit systématiquement associé. C’est précisément cette hypothèse de lecture croisée que cet épisode propose d’explorer.
Analyse
The 1, le point de vue d’Augustine des années plus tard
I’m doing good, I’m on some new shit / Been saying « yes » instead of « no »
Je vais bien, je suis sur de nouveaux trucs / Je dis « oui » au lieu de « non ».
I thought I saw you at the bus stop, I didn’t though
J’ai cru te voir près de l’arrêt de bus, ce n’était pas toi.
Un écho direct à Cardigan : « chasing shadows in the grocery line », Betty savait qu’elle le maudirait longtemps, qu’il hanterait tous ses « et si ». Ici, c’est au tour d’Augustine de croire l’apercevoir partout.
And if you never bleed, you’re never gonna grow
Et si tu ne saignes jamais, tu ne grandis jamais.
Une allusion au fait qu’il ne l’a pas choisie : elle a saigné quand il ne l’a pas choisie, et c’est cette douleur qui lui a permis d’apprendre à se choisir elle-même. Il n’est plus question de souffrir pour un homme : elle va bien, elle dit oui à des choses différentes, elle avance.
And if you wanted me, you really should’ve showed
Et si tu me voulais vraiment, tu aurais dû le montrer.
Ce vers rappelle The Moment I Knew, où Taylor racontait la fin d’une relation lorsque son copain de l’époque ne s’était pas montré à son anniversaire : « What do you do when the one who means the most to you is the one who didn’t show? » En anglais, « to show up » signifie être présent, se montrer à la hauteur, ici, pour James, être venu chez Betty pour lui prouver son amour, mais pas pour Augustine.
And if my wishes came true / It would’ve been you
Et si mes vœux s’étaient réalisés / Ça aurait été toi.
In my defense, I have none / For never leaving well enough alone
Pour ma défense, je n’en ai aucune / De ne jamais laisser les choses qui vont bien tranquilles.
Augustine aurait pu laisser le passé dans le passé, mais elle continue de remuer ce qui est douloureux, de repenser à ces moments fugaces, ce qui était « suffisamment bien », c’était le désir même de cette relation, cet espoir de tout ça évoqué dans August.
Couplet 2
We never painted by the numbers, baby / But we were making it count
On n’a jamais peint en suivant les numéros, chéri / Mais chaque instant comptait.
You know the greatest films of all time were never made
Tu sais que les plus grands films de tous les temps n’ont jamais été tournés.
Un film jamais réalisé, comme une relation jamais aboutie, reste préservé de toute imperfection : il ne peut qu’être idéalisé, et l’imagination peut lui prêter cent versions plus belles les unes que les autres.
We were something, don’t you think so? / Rosé flowing with your chosen family
On était quelque chose, tu ne penses pas ? / Du rosé qui coule avec ta famille choisie.
« Ta famille choisie » est un vers qui, pour Augustine, semble décalé : leur relation se vivait en cachette, à l’arrière du centre commercial. À moins que ce ne soit sa propre famille choisie à elle, ou un autre lieu de vacances où James passait du temps avec des amis.
And it would’ve been sweet / If it could’ve been me
Et ça aurait été doux / Si ça avait pu être moi.
In my defense, I have none / For digging up the grave another time
Pour ma défense, je n’en ai aucune / D’avoir déterré la tombe une fois de plus.
Cette question du « et si une chose avait été différente », c’est un peu ce qui relie The 1 au reste du triangle : dans quelle mesure une relation qui appartient à la vingtaine, et non plus à l’adolescence, peut-elle faire partie du même trio ? À moins que James et Augustine ne soient plus âgés que Betty. Dans tous les cas, la perspective semble chantée des années plus tard, en réminiscence.
Conclusion
Lue à travers le prisme du triangle amoureux, The 1 devient le miroir tardif de Cardigan : là où Betty se retourne sur son adolescence avec la certitude d’avoir été choisie, Augustine se retourne sur la sienne avec la certitude inverse. Les deux chansons semblent chantées vingt ans plus tard, chacune depuis la perspective d’une des deux femmes qui ont aimé James, et chacune n’offre qu’un point commun à ces deux personnages : lui, et le monde qui les a façonnées à faire graviter leur existence autour d’un garçon.
La question reste ouverte : The 1 doit-elle vraiment être incluse dans le trio officiel ? Le prochain épisode de cette série s’attaque à deux prétendants plus contestés : Peter et Illicit Affairs.
Traduction
Je vais bien, je suis sur de nouveaux trucs
Je dis « oui » au lieu de « non »
J’ai cru te voir près de l’arrêt de bus, ce n’était pas toi
Et si tu ne saignes jamais, tu ne grandis jamais
Et si tu me voulais vraiment, tu aurais dû le montrer
Et si mes vœux s’étaient réalisés
Ça aurait été toi
Pour ma défense, je n’en ai aucune
De ne jamais laisser les choses qui vont bien tranquilles
On n’a jamais peint en suivant les numéros, chéri
Mais chaque instant comptait
Tu sais que les plus grands films de tous les temps n’ont jamais été tournés
On était quelque chose, tu ne penses pas ?
Du rosé qui coule avec ta famille choisie
Et ça aurait été doux
Si ça avait pu être moi
Sources et ressources
- Daily Collegian, Folklore is a confessional masterpiece
- Commentaire d’un auditeur (AndreaDarbo) sur l’interprétation de « the greatest films of all time were never made »
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Retrouvez l’analyse complète de « the 1 ». Poursuivez la série avec le volet précédent, Triangle folklorien : initial, ou consultez toutes les analyses de folklore.
