Analyse : The archer, Lover, Taylor Swift
Sommaire
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Introduction
Je vous emmène explorer The Archer, une chanson introspective et émotionnelle de Taylor Swift. Écrite et produite avec Jack Antonoff, cette ballade mélange synth-pop et dream pop, reflétant l’anxiété et la vulnérabilité de l’artiste. Taylor Swift y dévoile ses insécurités, ses peurs de l’abandon et son combat intérieur entre désir de connexion et réflexe de fuite. À travers des métaphores puissantes comme celle de l’archer et de la proie, elle questionne : « Qui pourrait rester ? ». Découvrez comment cette chanson explore les thèmes de l’amour, de la trahison et de la reconstruction de soi.
Bonjour à tous, je m’appelle Anne-Sophie Pelé, je suis la créatrice et l’hôte de ce podcast. Comme vous le savez, dans l’herméneutique Taylor Swift, on analyse les chansons de la star en français. Nous sommes dans l’ère Lover et nous abordons aujourd’hui la cinquième chanson de l’album : The Archer.
Genre
La chanson est écrite et produite par Taylor Swift et Jack Antonoff. Wikipédia la décrit ainsi : The Archer est une ballade midtempo combinant synth-pop, synthwave et dream pop. La production, influencée par les années 1980, présente des synthétiseurs lourds, des rythmes house doux, des éléments minimalistes et un groove lent. Elle a expliqué que la manière dont la chanson est produite représente l’anxiété qu’elle ressentait en l’écrivant.
Le titre
Taylor l’a annoncé elle-même à la sortie de ce titre : elle a pour tradition de placer en piste numéro 5 de ses albums la chanson la plus honnête, émotionnelle, vulnérable et personnelle. La piste 5 est toujours très attendue par les fans pour cette raison.
Elle ne déçoit pas avec The Archer. Cette introspection est d’une vulnérabilité qui laisse la larme à l’œil, car elle admet à elle-même et à son interlocuteur qu’elle est parfois son pire ennemi et qu’elle aimerait fonctionner autrement. On y voit ses insécurités, son anxiété. Elle explore en fait le fait de tomber amoureux et tout ce que ça implique.
Elle en a dit à la radio : « Cette chanson parle de la façon dont, dans nos vies, si nous avons été déçus ou si les choses ne se sont pas déroulées comme nous le voulions dans nos relations… il arrive souvent que nous développions une sorte de peur fantôme de la tragédie, une « tragédie fantôme ». C’est comme si, lorsque nous trouvons quelque chose de vraiment bien, une situation stable, une situation où notre confiance n’est pas trahie… nous devons parfois affronter nos démons issus de toutes ces fois où cela n’a pas fonctionné. Nous devons nous empêcher de penser que le pire va toujours arriver. »
Presse
TIME
Voici ce que TIME en a dit : sortie en tant que single promotionnel, « The Archer » révèle un côté plus introspectif de Taylor Swift sur une ligne de synthé nerveuse. Coproduite avec Jack Antonoff, la chanson reflète une sensibilité des années 80, semblable à celle de leurs collaborations précédentes, comme « Getaway Car » et « Dress ».
Analyse
I’m ready for combat, I say I don’t want that, but what if I do?
Combat : je suis prête pour le combat. On attaque la chanson avec une métaphore de guerre. Je dis que je ne veux pas ça. Et si c’est ce que je voulais ? Car la cruauté gagne dans les films. J’ai cent discours jetés que j’ai failli te dire, elle avait préparé cent discours et ils ont tous fini à la poubelle.
Le combat prend deux formes ici : il y a une lutte interne, un conflit intérieur, et la préparation à un conflit extérieur, on ne sait pas encore lequel. Elle est prête pour un combat qu’elle dit ne pas vouloir, mais et si elle se trompait ? Et si elle le voulait, en fait, ce combat ? Il peut ainsi y avoir la notion qu’elle se prépare au pire au début de cette relation nouvelle : elle se prépare aux jugements qu’elle va recevoir de part et d’autre, et elle est sur la défensive avant que rien n’arrive. Elle doit se rappeler : attention, est-ce que j’ai vraiment envie d’aller au front ?
Et commence déjà la vulnérabilité : on ressent l’anxiété, le « j’ai peur que ça finisse mal, et j’ai ruminé ce que je pourrais te dire des centaines de fois sans jamais parler. Je n’ose pas dévoiler ma vulnérabilité ».
Une analyse trouvée sur Reddit au sujet de la phrase « la cruauté triomphe dans les films » illustre bien le propos : les relations toxiques, ou au moins peu saines, sont souvent romantisées dans les films, Daisy et Tom dans Gatsby le Magnifique, par exemple, mais très franchement, la plupart des comédies romantiques mettent en scène des tromperies, des engueulades, une certaine violence dans les mots ou dans les gestes, tout cela excusé au nom de l’amour que les personnages ont l’un pour l’autre. Ross et Rachel, dans Friends : pas franchement une relation saine, et pourtant romantisée à fond. Dans Roméo et Juliette, ils meurent tous les deux à la fin ; il y a de la tromperie ; Chuck et Blair, dans Gossip Girl, combien de #couplegoals sur les réseaux sociaux les concernant à l’époque de la diffusion ? Bref, prenez votre comédie romantique préférée, et il y a de grandes chances pour que la relation ne soit pas des plus saines.
Easy they come, easy they go / Help me hold on to you
Ils viennent facilement, ils repartent facilement. Je saute du train, je pars seule au loin. Je n’ai jamais grandi, il y a cette notion selon laquelle les célébrités restent figées à l’âge qu’elles avaient quand elles sont devenues célèbres, qu’elle explore ici, mais aussi le fait de répéter sans cesse la même histoire dans ses relations. Ça devient tellement pénible, tellement lassant de rester bloquée dans ses insécurités. Aide-moi à m’accrocher à toi, aide-moi à vouloir rester auprès de toi. Son réflexe est de sauter du train ; aide-moi ensuite à faire face à mes démons, aux difficultés. Il y a une vraie vulnérabilité dans cette demande : s’il te plaît, autant je suis prête à me battre pour cette relation, autant j’ai besoin de ton aide pour y arriver.
Les relations, amicales comme amoureuses, ont longtemps été volatiles autour d’elle ; elle se retrouve seule non seulement parce que les autres partent, mais aussi parce qu’elle part elle-même. Et cette comédie a assez duré, elle en a assez de partir, et elle n’est pas sûre de savoir comment rester, comme elle est toujours partie. Ses mécanismes réflexes sont de quitter, alors elle a besoin de lui. Elle a envie de rester, mais elle a besoin qu’il s’accroche lui aussi quand ça devient difficile, qu’il lui montre que ses peurs et ses réflexes de fuite ne sont pas nécessaires. On retrouve cette thématique dans Afterglow et dans Cornelia Street, et plus tard dans You’re Losing Me, quand il est enfin question de partir.
I’ve been the archer, I’ve been the prey / Who could ever leave me, darling… but who could stay?
J’ai été l’archère, la tireuse à l’arc. L’archer est la représentation symbolique et mythologique du signe du zodiaque Sagittaire : un centaure, mi-humain mi-cheval, qui symbolise le guérisseur dont l’intelligence supérieure permet de créer le pont entre le paradis et la terre. Taylor Swift est sagittaire. En tant qu’archer, le sagittaire est réputé pour ne jamais manquer sa cible, une représentation qui fait allusion au pouvoir de prophétie de l’archer, ce qui a souvent mené à affirmer que les voyants et prophètes sont nés sous ce signe du zodiaque. Il peut aussi y avoir une référence à Cupidon, l’autre archer très connu : il portait sur lui deux flèches, l’une causant un désir incontrôlable, l’autre causant la fuite. Elle explore ici aussi l’idée de faire fuir l’objet de son désir : je sais comment te faire tomber amoureux de moi, mais tout s’est toujours fini, alors j’ai peur que tu fuies. Une autre archère connue est Artémis, sœur d’Apollon dans la mythologie grecque, déesse de la nature sauvage et des animaux, qui se résout à rester vierge après avoir vu sa mère mourir en couches, ne trouve jamais de partenaire de vie et reste résolument seule. Enfin, la métaphore de l’archer est bien trouvée, car à la guerre, les archers sont généralement ceux qui commencent le combat de loin, suffisamment loin pour ne pas être blessés.
J’ai été la proie : elle a tout autant chassé qu’elle a été chassée, elle a été du côté de l’archer et de celui qui se fait transpercer par la flèche. Chassée par les hommes de ses relations précédentes, mais aussi par ce que disaient les médias de ces relations, par les personnes plus puissantes qu’elle, ceux qui l’ont trahie.
Qui pourrait jamais me quitter, chéri… Je suis exceptionnelle, alors on serait fou de vouloir partir, de me laisser. Mais qui pourrait rester ? Dans le passé, elle a été séduite et elle a été séductrice, elle a de la valeur et elle en est consciente, et en même temps il y a une part d’ombre en elle, qu’elle reconnaît, et en la reconnaissant, qui pourrait rester ? Elle se pose la question, avec tout l’auto-jugement qu’elle porte envers elle-même. C’est peut-être quelque chose que vous avez traversé aussi : cette idée d’avoir une part de nous consciente qu’on a plein de qualités, qu’on est quelqu’un de bien, et au moment de penser à tout cela, une petite voix mesquine vient nous faire douter. Finalement, on n’est pas si exceptionnel que ça, on est même un peu médiocre. Et dans ce cadre-là, ils sont toutes et tous partis dans le passé, alors elle a des raisons de douter.
On peut aussi supposer qu’elle parle ici du regard de la presse sur elle, la qualifiant de mauvaise puis de victime, la peignant de différentes couleurs avec le temps, clamant combien elle est géniale et, au contraire, comment n’importe qui pourrait construire une relation à long terme avec elle. Et peut-être que ces croyances se sont intériorisées chez elle aussi. Une dernière interprétation peut aussi être qu’elle reconnaît sa valeur, mais que les batailles continueront de venir, car évoluant dans le milieu dans lequel elle évolue et ayant les objectifs qu’elle a, c’est inévitable, avec une crainte avouée de voir l’autre personne partir à cause de ces éléments extérieurs qui viennent affecter sa personne, et donc ses relations privées.
Dark side, I search for your dark side, but what if I’m alright, right, right here?
Côté obscur, je cherche ton côté obscur. Et si j’allais bien, juste, juste, juste ici ? « To be all right » veut dire aller bien, être bien : il y a quelque chose de satisfaisant dans cette expression, « all » signifiant « tout » et « right » signifiant « juste », « bien ».
Elle explore qui il est, à la recherche de quelque chose qui cloche, car jusqu’ici il a l’air parfait, et personne n’est parfait. Et elle est tellement convaincue que cette relation finira un jour que si ça pouvait être un peu de sa faute à lui, ce serait presque un soulagement, ça la dédouanerait un peu. Pour enfin arriver à la question finale : et si c’était exactement ce qu’elle recherchait depuis si longtemps ? La simplicité de la relation qu’ils ont, là, ici, maintenant, sans chercher plus loin ?
And I cut off my nose just to spite my face, then I hate my reflection for years and years
Et je me suis mutilée juste pour me punir moi-même. L’idiome anglais désigne le fait de faire quelque chose que l’on pense faire du mal à quelqu’un d’autre, sans se soucier ou réaliser que ça nous fera du mal en retour de bâton. En français, on dirait plutôt : scier la branche sur laquelle on est assis, se tirer une balle dans le pied, se punir soi-même. Ensuite, elle déteste son reflet, pendant des années et des années. Elle s’est mis des bâtons dans les roues par le passé, sans s’en rendre compte, et ça n’a fait qu’empirer l’image qu’elle avait d’elle-même.
I wake in the night, I pace like a ghost / And all of my heroes die all alone
Je me réveille dans la nuit, je marche comme un fantôme. La pièce est en feu, fumée invisible. Et tous mes héros meurent tout seuls. Aide-moi à m’accrocher à toi. Elle est hantée par l’idée de mourir seule, à l’image de ses idoles. C’est comme si elle était prise de panique, d’angoisse : je me sens invisible, victime de flammes menaçantes, et comme je suis invisible je suis complètement impuissante. Le cauchemar n’est ni réel ni palpable, mais il est bien présent dans son esprit. Et toutes les personnes qu’elle a idolâtrées jusqu’ici ont fini seules ! Elle ne veut pas finir comme elles. Alors s’il te plaît, donne-moi quelque chose de différent, je veux me battre pour nous, aide-moi à me battre pour nous.
‘Cause they see right through me / Can you see right through me?
« Je vois clairement au travers de moi » : elle connaît sa vraie nature, elle n’est pas dupée par elle-même, elle voit ses vraies intentions, même si elle essaie de les cacher d’elle-même, elle comprend la vérité de son être. « Car ils voient au travers de moi » : ils ne sont plus dupés, ils comprennent ses intentions. Qui, « ils » ? La presse ? Les fans ? Ses amis ? Et toi, peux-tu voir au travers de moi ?
Toutes les craintes qu’elle a quant à ce que les autres pensent d’elle ne sont rien en comparaison de ce qu’elle pense d’elle-même. Et toi, là-dedans, comment est-ce que tu me vois ? Est-ce que tu vois mon côté obscur, ou est-ce que tu ne vois que la façade, les paillettes ? Est-ce que tu reconnais en moi les parties moins glamour ? On peut supposer que le sous-entendu est le suivant : si tu ne vois que les paillettes, alors tu finiras par voir ce qui est plus sombre chez moi, et la désillusion sera telle que tu partiras. Alors j’ai besoin d’être rassurée ici et maintenant : dis-moi que tu les vois, et que malgré cela, tu es prêt à rester.
Il y a ici la notion d’invisibilité, de « voir au travers de », qui résonne avec le pont, quand elle dit qu’elle marche comme un fantôme dans cette pièce en feu. On entend alors une double signification : non seulement, me vois-tu pour qui je suis ? Mais aussi, me vois-tu au-delà de ce que les médias disent de moi ? Me vois-tu, visuellement, avec tes yeux ?
All the king’s horses, all the king’s men, couldn’t put me together again
Tous les chevaux du roi, tous les hommes travaillant pour le roi n’ont pas pu la réparer. Référence à la comptine américaine Humpty Dumpty, qui, d’après le dictionnaire d’Oxford, désigne une personne ou une chose qui a été renversée, détruite, vaincue et qui ne peut pas être réparée, restaurée. Dans les illustrations de la comptine, Humpty Dumpty est représenté comme un être maladroit qui n’a eu que ce qu’il méritait en tombant et en se « cassant ». Ainsi, dans le cas de Taylor Swift, c’est elle la maladroite en amour, responsable de toutes les fois où elle s’est fait briser le cœur, elle qui est ensuite dévastée et ne parvient pas à se relever, à être réparée.
Car tous mes ennemis étaient d’abord des amis. Aide-moi à m’accrocher à toi. Il y a sans doute ici une référence à la chute de sa réputation, durant laquelle elle pensait que sa carrière était terminée et que rien ne pourrait la restaurer, c’est là qu’elle a rencontré son amoureux. Elle parle aussi des trahisons vécues : la confiance qu’elle a mise en certaines personnes, ses amis, et qui s’est retournée contre elle. D’une autre façon, c’est comme si elle disait à son amoureux : je suis responsable de tous mes échecs amoureux jusqu’ici ; avant toi, je pensais ne pas pouvoir me relever, et aujourd’hui je suis debout, mais une trahison de plus et cette fois je tomberai pour de bon, alors s’il te plaît, reste, et aide-moi à rester. Elle répète encore une fois : aide-moi à m’accrocher à toi, en résonance avec les vers précédents, comme si elle disait : voilà toutes les raisons qui ont créé mes craintes actuelles, mais s’il te plaît, reste, aide-moi à ne plus avoir peur.
Who could stay? / You could stay
Qui pourrait rester ? Tu pourrais rester ! Et si tu restais ? Dans sa tournée The Eras Tour, c’est le moment où elle regarde ses fans avec insistance, l’air de dire : encore une relation qui s’est terminée, mais finalement, c’est vous, ma constante, mes fans. Et si vous restiez ? Il y a là une référence à ce qu’elle disait plus haut : tous mes héros sont morts seuls. Elle s’identifie encore une fois à eux, car finalement, ils ne sont plus là, mais elle les admire encore, alors peut-être qu’il y aura, malgré tout, un héritage laissé derrière elle.
I’m ready for combat
Combat, je suis prête pour le combat, elle répète sa phrase du début. Au début, le combat prenait deux formes : un conflit intérieur et la préparation à un conflit extérieur, dont on ne savait pas encore lequel. Elle disait : je suis prête pour le combat, je dis que je ne veux pas ça, et si c’est ce que je voulais ? Une fois la chanson terminée, on peut voir les choses ainsi : le conflit est interne. J’ai si peur que tu partes que je préfère te dire que je ne veux pas de cette relation. Mais en réalité, je la veux. Je suis prête à me battre pour nous.
Conclusion
Cette chanson est un exemple typique de ce qu’on appelle « l’homme contre lui-même ». Il y a une réflexion quant au passé, tous les déboires et toutes les trahisons subies. Mais aussi une prise de conscience : et si le problème c’était moi ? Et si j’étais mon pire ennemi ? En faisant confiance trop facilement aux mauvaises personnes, peut-être ? En n’ayant pas assez confiance en moi ? En sabotant mes relations ? En ayant toujours besoin d’être rassurée par mécanisme de compensation, car j’ai peur d’être abandonnée, de me retrouver seule… Et maintenant que j’en prends conscience, qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je veux ? Je veux être consciente de ma valeur et faire taire les voix internes qui me disent que je ne suis pas assez bien. Je veux de cette relation, qu’elle dure en toute sérénité. Je ne suis pas sûre de la marche à suivre, alors j’ai besoin de ton aide, parce qu’il y a un monde entre la prise de conscience et son intégration. Je suis prête à me battre pour moi, et contre moi ; alors aide-moi à nous battre pour nous. Allons-y, marchons vers le futur ensemble, avec tous nos défauts et toutes nos qualités.
C’est vraiment une belle continuation de l’album : on sort de Cruel Summer, où elle n’ose pas ouvrir la porte et être vulnérable avec l’amoureux, puis Lover, où l’on est dedans, et avec The Archer, on a envie d’aller plus loin.
Traduction
Le Combat
Je suis prête pour le combat
Je dis que je ne le veux pas
Mais… et si je le voulais ?
Car la cruauté
Triomphe dans les films
J’ai des centaines de discours jetés
Que j’ai presque osé te dire
Facilement ils viennent,
Facilement ils partent
Je saute du train
Je repars seule
Je n’ai jamais grandi
Ça devient si lassant
Aide-moi à te retenir
J’ai été l’archer
J’ai été la proie
Qui pourrait jamais me quitter, chéri…
Mais qui pourrait rester ?
Le côté sombre
Je cherche ton côté sombre
Mais… et si j’allais bien
Ici, ici, ici ?
Et je me mutile
Pour me punir moi-même
Puis je hais mon reflet
Pendant des années et des années
Je me réveille la nuit
Je tourne comme un fantôme
La pièce est en feu
Fumée invisible
Et tous mes héros
Meurent seuls
Aide-moi à te retenir
J’ai été l’archer
J’ai été la proie
Hurlant : « Qui pourrait jamais me quitter, chéri…
Mais qui pourrait rester ? »
(Je me vois à travers, je me vois à travers)
Car ils voient à travers moi
Ils voient à travers moi
Ils voient à travers
Peux-tu voir à travers moi ?
Ils voient à travers
Ils voient à travers moi
Je me vois à travers moi
Je me vois à travers moi
Tous les chevaux du roi
Tous les hommes du roi
N’ont pu me reconstruire
Car tous mes ennemis
Étaient d’abord des amis
Aide-moi à te retenir
J’ai été l’archer
J’ai été la proie
Qui pourrait jamais me quitter, chéri…
Mais qui pourrait rester ?
(Je me vois à travers moi, je me vois à travers moi)
Qui pourrait rester ?
Qui pourrait rester ?
Qui pourrait rester ?
Toi, tu pourrais rester
Toi, tu pourrais rester
Le combat
Je suis prête pour le combat
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